Par où commencer ? Par le fait que je ne dorme plus correctement, ou par le fait que je n'en puisse plus et que rien ne me tire de cet état de fatigue qui occupe mon corps et mon esprit ? Oui, surtout mon esprit. Je compte les heures, les jours, avant cette pause qu'on appelle « vacances ». J'ai besoin de me poser, entre amis, en famille, qu'importe tant que je trouve un moyen de profiter et de me reposer. Je n'arrive pas à m'endormir et le manque de sommeil commence clairement à se faire ressentir. Je fais des cauchemars. Il est là, dans mes pensées toutes les nuits. Il n y a pas un jour où je n'y pense pas. Parfois dans la journée, à chaque fois le soir. Je n'en pleure plus certes mais je n'en dors pas. Ce ne sont pas réellement des cauchemars. Je revois des moments de ma vie, avec ou sans lui. Et si vous saviez comme je m'en souviens bien. De tout, je me rappelle de tout. De toutes les bêtises que j'ai pu faire chez lui. Et je me souviens des moments plus noirs, beaucoup plus noirs. Ceux qui font souffrir et te rappellent que la vie n'est parfois pas si belle. Les fois où il ne pouvait plus se lever, tellement il souffrait. Quand il avait du mal à parler aussi. Tous ces moments où tu espère, mais non. Et quand il pleure devant toi... Si vous saviez à quel point j'ai eu du mal à afficher ce sourire niaiseux sur mes lèvres devant lui. Lui, qui représentait tant à mes yeux. Et puis tout qui s'enchaîne vite, très vite. Et attendre après. L'attente la plus longue, la plus morbide de ma vie. Attendre la fin. Pour dire que tous ces moments que je revois, que je revis me font peur. C'est une sorte de cauchemar. Des personnes diront que c'est ridicule que ça s'est passé il y a déjà presque un mois et que j'aurais passer à autre chose, parce qu'au fond, il y a pire quand même. D'autres ne diront rien, se contenteront d'entendre. Certains comprendront. Mais personne ne connaît exactement ce que je ressens. La douleur se ressent différemment selon la personne. Et les regrets aussi. Il y a pleins de « et si... » déraisonnables mais présents, là pour t'enfoncer un peu plus dans ta merde. « Et si... » j'avais répondu au dernier appel, « et si... » j'étais allée le voir, « et si... » rien du tout. J'avais tout calculé, j'y ai longuement réfléchis vous savez. Je ne regrette rien au fond. Je ne voulais pas faire de réels adieu. Mais cet appel. « Et si » ? Non, je ne l'aurai pas eu, lui. C'est évident. Et le vide qu'il a laissé. Il ne se fait pas ressentir en masse. Je ne sais comment expliquer. On le ressent par petits bouts, par des petits détails normalement inoffensifs. Alors oui, ça fait déjà quelques semaines. Trois même, si vous voulez tout savoir. Et les fêtes de fin d'années qui approchent. Super. Et elle, elle est tellement mignonne, et seule.
C'est sorti, merci.

